Pour déplacer un cheval au sein de l’UE, un passeport équin et un certificat zoosanitaire officiel établi dans le système TRACES sont nécessaires, quel que soit le motif du voyage. L’examen est effectué peu avant le départ et la durée de validité du certificat est limitée. Le transport lui-même est également soumis à la législation européenne sur la protection des animaux.
Les documents nécessaires au voyage d’un cheval
Tout déplacement intracommunautaire d’équidés repose sur un certificat zoosanitaire, délivré par le vétérinaire officiel dans le système électronique TRACES. Il est requis quel que soit le motif du déplacement, y compris lorsque le cheval se rend temporairement dans un pays voisin uniquement pour participer à un concours ou séjourner dans une clinique. La base juridique est le règlement délégué (UE) 2020/688.
S’y ajoute le passeport équin, conformément au règlement d’exécution (UE) 2021/963, qui permet d’identifier clairement l’animal et doit l’accompagner dans le véhicule. Si le cheval a été importé d’un pays tiers, le passeport doit être enregistré dans les 30 jours suivant l’achèvement de la procédure douanière. Le cadre juridique est constitué par la législation européenne sur la santé animale (règlement (UE) 2016/429) et les dispositions relatives à l’identification et à l’enregistrement (règlement (UE) 2019/2035).
Les délais de l’examen vétérinaire avant le départ sont déterminants pour la planification. Le portail autrichien Verbrauchergesundheit résume les deux catégories comme suit :
- Équidés bénéficiant d’un statut sanitaire supérieur : examen le dernier jour ouvrable avant le départ. Le certificat est valable 30 jours et permet, durant cette période, plusieurs déplacements entre États membres.
- Autres équidés : examen dans les 48 heures précédant le départ. Le certificat est valable 10 jours et couvre exclusivement le transport direct du lieu de départ au lieu de destination.
Cette différence a une incidence directe sur la planification : sans le statut sanitaire supérieur, le certificat est lié à un seul trajet direct. Des détours, des étapes intermédiaires ou le report de la date de plusieurs jours peuvent le rendre caduc.
En Autriche, une réglementation nationale relative à l’enregistrement des établissements s’applique en complément : l’arrivée d’un équidé doit être déclarée dans les sept jours (§ 14 TGG 2024). Ce délai est propre à l’Autriche et ne peut pas être transposé à d’autres États membres ; dans chaque autre pays, l’obligation locale d’enregistrement doit être vérifiée séparément.
Le déroulement étape par étape
- Demande et clarification de l’itinéraire. Lieu de départ et de destination, date, nombre de chevaux, taille et expérience de l’embarquement. Dès cette étape, il est possible de déterminer si le trajet comprend des ferries, des routes de montagne ou le franchissement de la frontière d’un pays tiers.
- Vérification du statut du cheval. L’équidé bénéficie-t-il d’un statut sanitaire supérieur ou non ? Le délai d’examen, la durée de validité et l’autorisation des arrêts intermédiaires en dépendent.
- Vérification des documents. Passeport équin complet, identification concordante, données d’enregistrement à jour. Il est préférable de faire corriger les informations obsolètes plusieurs semaines avant le trajet plutôt que la veille.
- Prise de rendez-vous avec le vétérinaire officiel. Le rendez-vous doit respecter le délai applicable : le dernier jour ouvrable avant le départ ou dans les 48 heures précédant celui-ci. Les analyses sanguines requises doivent être effectuées auparavant et nécessitent un délai de traitement en laboratoire.
- Délivrance dans TRACES. Le vétérinaire officiel établit le certificat dans le système. TRACES informe automatiquement l’autorité du lieu de destination et permet un suivi à l’échelle de l’UE si un envoi n’arrive pas à destination.
- Transport. Le règlement (CE) n° 1/2005 relatif à la protection des animaux pendant le transport constitue le cadre applicable, notamment en ce qui concerne les véhicules, le personnel et la durée du transport.
- Arrivée. Remise des documents, contrôle du cheval et, le cas échéant, déclarations au lieu de destination conformément au droit national.
Particularités nationales en Europe
Royaume-Uni (de la Grande-Bretagne vers l’UE). Les règles applicables aux pays tiers s’appliquent ici. Selon le gouvernement britannique, un Export Health Certificate (EHC) est nécessaire ; pour les équidés non destinés à l’abattage, il s’agit du formulaire 8431. Un test de dépistage de l’anémie infectieuse équine est également obligatoire : pour les EHC 8431 et 8432, il doit être réalisé dans les 90 jours précédant le voyage ; pour les exportations permanentes et toutes les autres exportations temporaires, dans les 30 jours. Des exigences relatives à la durée de séjour et à l’isolement s’y ajoutent, notamment un séjour de 40 jours dans un établissement et, pour les chevaux enregistrés, 30 jours sous surveillance vétérinaire. En plus du passeport, les chevaux non enregistrés ont besoin d’une identification officielle de voyage (supplementary travel ID) délivrée par l’APHA, valable uniquement pour un seul voyage vers l’UE et le retour. L’entrée doit s’effectuer par un poste de contrôle frontalier de l’UE (Border Control Post), étant précisé que tous les postes n’acceptent pas à la fois les équidés enregistrés et non enregistrés. La notification préalable est effectuée dans TRACES et une déclaration en douane doit être déposée avant l’arrivée à la frontière de l’UE.
Suisse. Sur le plan du droit vétérinaire, la Suisse est largement intégrée au cadre de l’UE. L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires précise qu’en raison de l’accord vétérinaire, les importations en provenance de l’UE sont en principe soumises aux mêmes conditions de police sanitaire que celles applicables au sein de l’UE, et que cela vaut également pour la Norvège et l’Irlande du Nord. Les importations en provenance de l’UE ne sont soumises à aucun contrôle vétérinaire frontalier. Le vétérinaire officiel du pays d’origine transmet une notification électronique TRACES à l’autorité cantonale d’exécution du lieu de destination ; les établissements de destination et les importateurs suisses doivent être enregistrés dans TRACES avant la première importation. La Commission européenne confirme que le règlement (UE) 2020/688 s’applique également aux mouvements entre les États membres de l’UE et la Suisse ainsi que la Norvège.
En revanche, sur le plan douanier, la Suisse est un pays tiers. Pour l’exportation définitive d’un cheval, l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières exige une déclaration d’exportation en douane ; il faut notamment présenter une facture commerciale ou un contrat de vente ainsi que le passeport équin. Les douanes suisses ne perçoivent aucun droit à ce titre, mais recommandent expressément de vérifier au préalable les formalités douanières dans le pays de destination et les éventuels pays de transit.
Ce qui distingue le cheval des autres espèces animales
Un cheval ne voyage pas dans une caisse, mais dans un compartiment qu’il occupe debout. Il en résulte plusieurs particularités :
- Taille et poids. Un cheval de grande taille nécessite une surface au sol et une hauteur libre que seuls des véhicules spécialement aménagés peuvent offrir. La charge par essieu et le poids total autorisé limitent le nombre d’animaux pouvant être transportés.
- Embarquement. C’est le moment le plus délicat de tout le voyage. Un cheval qui ne connaît pas la rampe ou qui a vécu de mauvaises expériences demande du temps et exige du personnel expérimenté.
- Station debout pendant le trajet. Les chevaux restent debout pendant tout le trajet et compensent musculairement les forces dues au freinage, à l’accélération et aux virages. Le style de conduite, la suspension et les sols antidérapants ont donc un effet direct sur les contraintes subies.
- Ventilation. Dans un compartiment fermé, la température, l’humidité et la teneur en ammoniac augmentent rapidement, particulièrement à l’arrêt. Une ventilation qui fonctionne également lorsque le véhicule est à l’arrêt est plus importante pour les grands animaux que pour les espèces plus petites.
- Approvisionnement en eau. Les chevaux boivent de manière irrégulière pendant le trajet. Des dispositifs d’abreuvement doivent être disponibles à bord et accessibles dans le compartiment, et la prise d’eau doit être surveillée pendant le voyage.
- Durées de trajet et pauses. Pour les équidés, le droit de l’UE relatif à la protection des animaux prévoit des exigences spécifiques concernant la durée du transport, les intervalles d’approvisionnement et les périodes de repos. Elles déterminent notamment si un trajet peut être effectué en une journée ou nécessite une étape.
Ce qui détermine le prix d’un transport de chevaux
Pour un cheval, les principaux postes de coûts diffèrent nettement de ceux des espèces animales plus petites. Cinq postes sont déterminants :
Vétérinaire officiel et certificat. L’examen doit avoir lieu dans un délai précis peu avant le départ. Il nécessite un rendez-vous, souvent avec un déplacement jusqu’à l’écurie, et crée des contraintes : si le trajet est reporté, le certificat peut perdre sa validité et la procédure doit recommencer. Lorsque des analyses sanguines sont exigées, il faut également tenir compte du délai du laboratoire.
Type de véhicule pour grands animaux. Un véhicule de transport de chevaux est un véhicule spécial doté de séparations entre les compartiments, d’une rampe ou d’une plateforme élévatrice, d’une structure suspendue, d’une hauteur libre suffisante, d’une ventilation et d’un système d’approvisionnement en eau. Pour les transports de longue durée, le droit de l’UE relatif à la protection des animaux prévoit en outre un agrément distinct du véhicule. Le nombre de véhicules de ce type disponibles est limité.
Qualification du conducteur. Toute personne qui transporte des équidés à titre commercial doit détenir un certificat d’aptitude conformément au droit de l’UE relatif à la protection des animaux. Dans la pratique, la capacité à s’occuper de l’animal compte également : embarquement en toute sécurité, évaluation des signes de stress, réaction en cas d’incident.
Traversées en ferry. Sur les liaisons vers la Scandinavie, l’Irlande, la Grande-Bretagne ou les îles méditerranéennes, le ferry détermine l’itinéraire. Toutes les liaisons n’acceptent pas les grands animaux vivants, les départs sont limités et les temps d’attente au terminal constituent des temps d’immobilisation pour le véhicule et le personnel.
Postes de contrôle frontaliers. Lorsqu’une frontière avec un pays tiers entre en jeu, l’entrée doit s’effectuer par un poste de contrôle frontalier agréé et, comme le montre l’exemple britannique, tous les postes n’acceptent pas toutes les catégories d’équidés. Le détour jusqu’au poste approprié, la notification préalable et la durée des formalités doivent être intégrés au calcul.
Il en résulte qu’un prix fiable ne peut être indiqué que pour un itinéraire précis, avec un lieu de départ et de destination précis, un statut précis du cheval et une date précise. Les tarifs kilométriques forfaitaires ne tiennent justement pas compte des postes qui font la différence pour les chevaux. C’est pourquoi cet article ne mentionne volontairement aucun montant.
Clarifier les responsabilités et les limites de cet article
Cet article fournit des orientations générales et ne constitue pas un conseil juridique. Les règles relatives à la santé animale et au transport évoluent, des exigences nationales supplémentaires peuvent s’ajouter et, en cas d’épizootie, des mesures de protection peuvent s’appliquer à court terme. Seuls les renseignements fournis par les autorités vétérinaires compétentes des pays de départ, de transit et de destination font foi. Avant chaque transport, il convient de leur demander quelles sont les règles en vigueur. Date de mise à jour éditoriale de cet article : 6 août 2026.
Questions fréquentes
Ai-je également besoin d’un certificat pour un concours dans un pays voisin ?
Oui. Le certificat zoosanitaire dans le système TRACES est obligatoire pour les mouvements d’équidés au sein de l’UE, quel que soit le motif du déplacement, y compris pour de courts trajets vers un concours ou une clinique.
Pendant combien de temps le certificat zoosanitaire est-il valable ?
Pour les équidés bénéficiant d’un statut sanitaire supérieur, 30 jours, avec plusieurs mouvements entre États membres. Pour les autres équidés, 10 jours, et il ne couvre que le transport direct du lieu de départ au lieu de destination.
Quand l’examen vétérinaire doit-il avoir lieu ?
Pour les équidés ayant un statut sanitaire supérieur, le dernier jour ouvrable avant le départ ; pour les autres équidés, dans les 48 heures précédant celui-ci. Ces deux délais sont courts, il convient donc de fixer le rendez-vous suffisamment tôt.
À quoi sert exactement TRACES ?
TRACES est le système électronique dans lequel le vétérinaire officiel établit le certificat. Il informe automatiquement l’autorité du lieu de destination et permet un suivi à l’échelle de l’UE lorsqu’un envoi n’arrive pas.
Qu’est-ce qui change lors d’un trajet à destination ou en provenance de la Suisse ?
En matière de droit vétérinaire, l’accord vétérinaire prévoit en principe les mêmes conditions de police sanitaire que dans l’UE, et les importations en provenance de l’UE ne sont soumises à aucun contrôle vétérinaire frontalier. Toutefois, sur le plan douanier, la Suisse est un pays tiers.
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- Delegierte Verordnung (EU) 2020/688 (EUR-Lex)
- Durchführungsverordnung (EU) 2021/963 (EUR-Lex)
- Verordnung (EG) Nr. 1/2005 über den Schutz von Tieren beim Transport (EUR-Lex)
- Europäische Kommission: Equine animals – live animal movements
- GOV.UK: Export horses and ponies – special rules
- BLV: Import von Tieren und Tierprodukten aus der EU
- BAZG: Pferde – definitive Ausfuhr
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